Automobile : un marché international toujours en croissance

© IV

La production et la vente d’automobiles au niveau mondial ont continué de croître en 2017, selon les chiffres de l’OICA*. Un combat majeur reste toutefois à mener en 2018 pour son président Matthias Wissmann : celui en faveur du libre-échange, qui se dégrade dans plusieurs zones et menace la croissance du secteur.

C’est lors de sa traditionnelle conférence de presse, à l’occasion du salon automobile de Genève, le 7 mars dernier, que le président de l’OICA*, Matthias Wissmann, a présenté les chiffres 2017. Pour la huitième année consécutive, le marché automobile mondial continue de croître (voir graphique ci-dessous) : 96,8 millions de véhicules toutes catégories confondues (véhicules particuliers, commerciaux et bus) ont été ainsi vendus en 2017, soit + 3% par rapport à 2016. Pour la production, la progression a été de 2,4% en 2017 par rapport à l’année précédente avec un montant total de 97,3 millions de véhicules fabriqués.

Une forte croissance en Asie
La région Asie-Océanie-Moyen-Orient reste la zone qui connaît en 2017 la plus forte progression de ses ventes (+4,3%) et de sa production (+3,3%) de véhicules par rapport à 2016. En Europe, les chiffres sont également positifs et atteignent même leur record depuis 2007 : 18,1 millions de véhicules ont été vendus en 2017 (+ 1% par rapport à 2016) pour une production de 18,8 millions (+3% par rapport à 2016), (voir graphique ci-dessous). Le marché américain connaît pour sa part une décroissance de ses ventes en 2017 par rapport à 2016 (-1% avec un volume de 21,2 millions de véhicules vendus) et de sa production (-3,8% avec 17,5 millions de véhicules produits).

Une croissance plus modérée
Les prévisions pour 2018 tablent sur la poursuite de la croissance du marché global, mais beaucoup plus modérée : celle-ci serait de + 1% avec des ventes de véhicules qui atteindraient 98 millions. Mais pour le président de l’OICA, le principal combat à mener pour le futur est celui en faveur du libre-échange : « L’Union européenne doit être en première ligne de ce combat, a-t-il affirmé lors de la conférence de presse, car aujourd’hui près de 75% de la valeur ajoutée d’une voiture repose sur un réseau mondial de fournisseurs ».
Selon lui, il y a urgence à agir, non seulement pour supprimer les barrières commerciales existantes, mais aussi pour éviter d’en avoir de nouvelles.
Aujourd’hui, l’OMC liste plus  de 2 200 violations des principes de libre-échange dans
le monde. Autre bataille que l’OICA* souhaite mener de pair avec celle du libre-échange : celle de l’harmonisation des règlementations techniques à l’échelle du monde. « Aujourd’hui le marché de l’automobile est mondial, souligne Matthias Wissmann, et cela n’aurait aucun sens de raisonner en termes de normes à l’échelle d’un seul pays ou continent ».

Isabelle VERDIER
* Organisation internationale des constructeurs automobiles

Conférence de presse OICA avec Matthias Wissmann et Christian Peugeot, président du Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA) – © IV

Réduction de CO2 et digitalisation : deux défis à relever

Pour Matthias Wissmann, l’industrie automobile a deux défis majeurs à relever pour le futur : la réduction de l’émission de CO2 et la digitalisation. Sur le premier point, l’Europe a fixé un objectif d’émission de
95 grammes de CO2 par kilomètre en 2021, bien supérieur aux objectifs fixés par des pays concurrents tels que le Japon , la Chine ou les Etats-Unis avec respectivement 105, 117 et 119 grammes de CO2 par kilomètre.
Or dans ce domaine, il faut raisonner à l’échelle mondiale et le président de l’OICA s’inquiète des nouvelles réductions de CO2 que l’Union Européenne veut mettre en place à l’horizon 2025 (- 15%) et 2030 (- 30%).
Autre défi à relever, celui de la digitalisation qui permet d’accroître la sécurité routière. « Celle-ci va arriver plus vite que l’on ne pense dans les métropoles avec le développement de véhicules connectés et autonomes », souligne Matthias Wissmann. Il est important de s’y préparer bien en amont, notamment au niveau humain (formation de spécialistes) et réglementaire.