Sy&Se et Positive Coating présentent deux technologies innovantes

Stand Sy&Se au salon EPHJ © IV

Parmi les quatre lauréats du challenge « Watch Medtech Innovation » organisé conjointement par le salon EPHJ-EPMT-SMT et la Fondation Inartis, nous en avons sélectionné deux qui présentent des technologies innovantes pouvant intéresser les décolleteurs : la start-up Sy&Se, qui produit des assemblages sans colle avec la technologie ICB (Impulse Current Bonding), et la société Positive Coating, qui a développé une technologie baptisée Atomic Layer Deposition (ALD) permettant la déposition sous vide de couches minces d’oxydes métalliques dans des épaisseurs nanométriques.

Sy&Se fait coup double avec son procédé d’assemblage sans colle
Start-up née au sein de la Haute Ecole Arc Ingénierie basée à Neuchâtel (Suisse), la société Sy&Se a fait coup double cette année au salon EPHJ-EPMT-SMT avec son procédé d’assemblage sans colle en remportant le Grand prix des exposants 2018 et en étant sélectionnée parmi les quatre lauréats du challenge « Watch Medtech Innovation ».

« Ces deux distinctions nous donnent une belle visibilité et nous permettent d’exposer au
plus grand nombre notre savoir-faire », affirme avec enthousiasme Sébastien Brun, le fondateur de la société Sy&Se.

Créée il y a un an avec un partenaire industriel, la société a mis au point une nouvelle technologie ICB (Impulse Current Bonding) dérivée de la liaison anodique qui permet de lier sans colle et à basse température des matériaux dont les coefficients de dilatation sont très différents.

Sébastien Brun (à gauche) et son collègue Florian Telmont (à droite) reçoivent le Grand prix des exposants 2018 du salon EPHJ © Romain-Sojic-Neode

Au contraire de la colle, qui possède une chimie parfois agressive, ou des soudures nécessitant la fusion des partenaires, cette technologie permet de préserver l’intégrité des matériaux et produit des assemblages d’une force et d’une étanchéité exceptionnelle.

Concrètement, les champs d’application de cette nouvelle technologie sont immenses car « l’assemblage est présent partout dans tous les produits usinés », souligne Sébastien Brun. L’ICB peut s’appliquer au domaine de l’horlogerie où les besoins de lier des métaux ou des céramiques aux verres sont courants. Au contraire de la soudure, qui provoque des contraintes mécaniques, fragilise l’assemblage et détériore l’étanchéité du système, la technologie ICB évite les phénomènes de corrosion et améliore la robustesse de l’assemblage.

De même, de nombreuses perspectives d’utilisation de cette technologie existent dans le domaine des medtech, particulièrement pour les outils chirurgicaux et les endoscopes. Des outils assemblés par collage se dégradent naturellement avec le temps et sous les cycles de nettoyage, de stérilisation et de désinfection. La technologie ICB est insensible aux traitements de stérilisation et désinfection qu’ils soient chimiques, thermiques ou par rayonnement.

Autres domaines d’application de l’ICB : la micro-électronique et les télécommunications. Mais attention, souligne Sébastien Brun, « il s’agit d’une technologie de rupture, il faut donc adapter le processus de fabrication ». Après avoir grandi au sein de la Haute Ecole Arc Ingénierie, Sy&Se s’est installée en janvier dernier dans ses propres locaux à La Chaux-de-Fonds dans l’incubateur Neode. Et après avoir réalisé des séries de prototypes, elle travaille désormais sur des projets concrets répondant aux besoins des entreprises.

Positive Coating veut colorer les stents
Société familiale créée en 2004 par Pierre-Albert Steinmann, Positive Coating a mis au point la technologie ALD (Atomic Layer Deposition) qui lui permet de réaliser des traitements de surface colorés pour sa clientèle horlogère. Lauréat du challenge « Watch Medtech Innovation », elle veut se développer dans le secteur des medtech, notamment dans le domaine du recouvrement des stents.

Lucien Steinmann, responsable Vente & Qualité de Positive Coating au salon EPHJ ©IV

Active depuis sa création en 2004 dans les traitements de surfaces décoratifs par technologie PVD (Physical Vapor Deposition), principalement pour l’industrie horlogère, Positive Coating, basée à La Chaux-de-Fonds (Suisse) a développé la technologie ALD (Atomic Layer Deposition) depuis 2014.

« Cette technologie permet trois types de traitement : la coloration, la protection de l’argent, et le fait de pouvoir obtenir une pièce bicolore sans avoir recours à l’opération manuelle de pose d’épargne », explique Lucien Steinmann, responsable Vente & Qualité et fils du fondateur.

Positive Coating souhaite étendre au domaine médical le savoir-faire acquis dans l’horlogerie avec la technologie ALD en tirant avantage des propriétés de coloration (différenciation des produits et argument marketing) et de barrière de diffusion des dépôts réalisés par cette technologie.

D’où sa participation au challenge « Watch Medtech Innovation », sur un projet d’application de dépôts par la technologie ALD sur des stents. « La technologie ALD permet d’éviter le relargage d’ions métalliques hors des implants, souligne Lucien Steinmann. Elle constitue une barrière de diffusion extraordinaire qui permet d’isoler l’implant ».

PositiveCoating – Pièces d’horlogerie avec différentes colorations © IV

De fait, les perspectives d’utilisation de cette technologie dans le secteur des medtech sont nombreuses. Pour l’heure, la société Positive Coating, qui compte 27 personnes, travaille en majorité pour le secteur horloger et dans le domaine des stylos de luxe et des pièces métalliques pour la bijouterie et la maroquinerie.

Comme le souligne Lucien Steinmann, qui a une formation médicale en plus de son diplôme d’ingénieur en microtechnique (il est titulaire d’un master en techniques biomédicales), les contraintes dans le secteur médical sont nombreuses. « Les validations techniques et réglementaires sont essentielles dans ce domaine, estime t-il, et le fait de participer au challenge « Watch Medtech Innovation » va nous permettre de poursuivre ce projet. Notre objectif c’est de réaliser dans 10 ans 25% du chiffre d’affaires dans le domaine médical », conclut-il.

Isabelle Verdier