Quand la métrologie s’intègre directement en production

©Isabelle Verdier

Il s’agit d’un changement total de paradigme : la métrologie n’est plus située en bout de chaîne de production pour des contrôles qualité, mais devient proactive au cœur même de la production et permet de produire dès le départ une première pièce conforme. Etat des lieux d’une révolution en cours dressé par le Collège français de métrologie (CFM) à l’occasion des Journées de la mesure qui se sont tenues les 3 et 4 octobre dernier à Lyon.

« Nous en sommes à la 4ème révolution industrielle », explique Cosimi Corleto, le président du CFM qui dirige également la société Stil, fabricant français de capteurs optiques. Après la machine à vapeur, l’électricité, puis l’informatique, place aux ”systèmes
cyber-physiques” qui intègrent à la fois des machines, des capteurs, des calculateurs et des moyens de communication. Ces systèmes interactifs avec l’univers physique (actionneurs, capteurs….) et l’univers numérique (algorithme, systèmes d’information, réseaux….) peuvent être autonomes et dans certains cas travailler avec l’homme.
Concrètement, la métrologie devient une partie intégrante de la production, elle intervient durant la fabrication et permet de corriger une étape de la production lorsqu’une pièce est hors tolérances. Si le capteur de mesure détecte une pièce défectueuse, il transmet l’information au système de production qui s’adapte en conséquence.


C’est pour accompagner cette 4ème révolution que le CFM, association à vocation industrielle qui réunit plus de 530 professionnels de la mesure, a décidé de constituer en février 2018 un groupe de travail sur la métrologie du futur intitulé: ”Creative Metrology”. Composé d’experts représentatifs des principaux acteurs des domaines de la mesure, du numérique, de l’industrie et des laboratoires, ce groupe a pour objectif de réinventer une métrologie associée aux évolutions numériques qui sera intégrée au cœur des dispositifs productifs de demain.
35 sociétés participent à ce groupe de travail qui doit rédiger en fin d’année un livre blanc sur le sujet. Parmi les thèmes abordés, l’intelligence artificielle, qui doit permettre de récolter et d’analyser les données de manière automatisée. Un enjeu essentiel quand l’on sait par exemple que la maintenance prédictive issue des données et de leur traitement via la data science permet, selon le CFM, d’économiser plus de 630 milliards de dollars à l’échelle mondiale.
Autres questions prioritaires pour les acteurs de la métrologie du futur : la validité de la mesure, l’adaptation aux nouvelles réglementations comme la nouvelle version de la norme ISO/CEI 17025 et les ressources humaines. Le CFM organise régulièrement des journées techniques sur ces questions.

Isabelle Verdier


Chiffres clés : Le Collège français de métrologie (CFM)

530 adhérents : utilisateurs industriels de moyens de mesure, laboratoires, centres techniques, fabricants et prestataires de mesure, universitaires
20 000 contacts au sein du réseau du CFM : 15 000 francophones,
5 000 anglophones
1 annuaire des prestataires, fabricants et éditeurs édité tous les deux ans, il est également disponible en ligne sur le site du CFM
1 J’M organisée tous les deux ans : il s’agit des Journées nationales de la mesure. Les dernières ont eu lieu les 3 et 4 octobre 2018 à Lyon.