Outils coupants : risque de surchauffe pour la fin 2018

Outils coupants Novoutils © IV

Si tous les chiffres relayés par l’association européenne des outils coupants (ECTA) sont largement positifs  pour 2017 et le début 2018, ce secteur devrait connaître un ralentissement en fin d’année.

Le marché européen des outils coupants est en effet en pleine expansion, selon les chiffres de l’ECTA (European Cutting Tools Association) qui regroupe sept associations nationales européennes : SYMOP (France), VDMA (Allemagne), IUCIMU (Italie), AFM (Espagne), Swissmem (Suisse), BHECTA c/o MTA (Royaume-Uni) et Sutton Tools (Pays-Bas).
Les chiffres diffusés à l’occasion de la conférence annuelle de l’ECTA, qui a eu lieu à Stresa en Italie du 3 au 5 mai derniers, montrent ainsi une progression entre 2016 et 2017 de la production, des exportations, des importations et de la consommation des outils coupants avec l’Allemagne qui domine largement tous les autres pays européens.


En matière de production, l’Allemagne a ainsi produit en 2017 des outils coupants pour un montant équivalent à 3,5 milliards d’euros contre 3,3 milliards l’année précédente. La Suisse vient en deuxième position des pays producteurs en 2017 avec un montant équivalent à 397 millions d’euros (contre 377 millions en 2016), devant la France (228 millions d’euros contre 192 millions en 2016).
En ce qui concerne les exportations, l’Allemagne est en première position avec un montant d’outils coupants exportés en 2017 équivalent à 2,9 milliards d’euros contre 2,6 milliards en 2016, devant la Suisse, la France, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne. On retrouve le même classement des pays pour les importations avec des chiffres en légère hausse en 2017 par rapport à 2016.
Pour la consommation d’outils coupants, l’Allemagne arrive toujours en tête avec un montant de 2,2 milliards d’euros en 2017 contre 2,1 milliards en 2016, mais c’est l’Italie qui vient en deuxième position avec un montant de 895 millions d’euros en 2017 contre 831 millions en 2016. La France est à la troisième place devant le Royaume-Uni et la Suisse.
Pour Daniel-Lilian Mattey, dirigeant du fabricant français Magafor qui était présent à la conférence de l’ECTA, cette bonne conjoncture va se dégrader. « Il y a une surconsommation mondiale dans le domaine mécanique et une surproduction avec un risque de surchauffe pour la fin de l’année 2018 », estime t-il. A cela s’ajoute la hausse des prix des matières premières depuis le dernier trimestre 2017 : l’acier a ainsi augmenté de 40 à 70% et le carbure de 15 à 40%.
Pour la France, l’Allemagne reste en 2017 la première destination des exportations d’outils coupants, loin devant les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne et la République tchèque, selon les chiffres de l’ECTA. Les importations françaises d’outils coupants proviennent également en majorité de l’Allemagne devant la Chine, l’Italie, la Corée du Sud et la Suisse.


La stratégie du groupe Horn
Leader mondial dans le domaine des outils coupants, le groupe allemand Horn (275 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 1 500 employés présents dans 70 pays) a défini sa stratégie à l’horizon 2030 lors de la conférence de l’ECTA. « Il s’agit d’un mélange de stratégies avec plusieurs axes associant la digitalisation, le networking, les applications en impression 3D, le développement à l’international (Europe, Etats-Unis) ou encore l’automatisation », a affirmé son PDG Paul Horn, lors de la conférence.
« Face au développement des véhicules autonomes et électriques, il faut savoir également anticiper une baisse de la demande pour des usinages mécaniques pour l’automobile », a t-il ajouté. Toutefois, selon les prévisions, il faut encore tabler sur une proportion de 96% de véhicules de tourisme qui auront encore un moteur à combustion en 2025.
Autre volet important selon le PDG : développer la formation par l’apprentissage (22 apprentis sont actuellement formés chaque année au sein du groupe). En plus du secteur automobile, le PDG cite deux autres marchés particulièrement porteurs pour le groupe : l’énergie éolienne et les technologies médicales.

Isabelle Verdier