Outils coupants : le marché français se redresse

Selon les chiffres de l’association européenne des outils coupants (ECTA), les perspectives du marché français sont bonnes pour 2016 et 2017. Une tendance confirmée par un des principaux fabricants français d’outils coupants (voir l’interview de Daniel-Lilian Matthey, dirigeant de Magafor).

Cette reprise a été initiée en 2015, selon l’ECTA (European Cutting Tools Association), qui regroupe les organisations professionnelles de six pays européens (Allemagne, France, Espagne, Italie, Royaume-Uni et Suisse).
Dans un document diffusé lors de sa dernière conférence, qui s’est tenue du 18 au 20 mai dernier à Barcelone, l’ECTA estime que les exportations françaises d’outils coupants devraient croître de 3,7% en 2016 par rapport à 2015.
Les importations devraient aussi être à la hausse (+ 7,3% par rapport à 2015). Ces bonnes perspectives devraient se poursuivre pour 2017, selon l’ECTA.

Des chiffres moins positifs en 2014
Pour 2014, les chiffres étaient moins positifs, notamment en ce qui concerne la production d’outils coupants. Selon les dernières statistiques disponibles du syndicat français SYMOP, la production d’outillage mécanique en France, qui concerne les outils coupants, mais aussi les outils de tournage, d’emboutissage, de poinçonnage, les outils à raboter, à rectifier, les couteaux et lames industriels, les plaquettes, les pointes, les filières pour étirage, a baissé de 8% entre 2013 et 2014, passant d’un montant de 781 millions d’euros à 721 millions. Par contre, le SYMOP indique que les exportations françaises d’outils coupants ont augmenté de 5% entre 2013 et 2014, passant de 294 millions d’euros à 309 millions. En ce qui concerne les importations, celles-ci ont baissé de 1% durant la même période, passant de 605 millions d’euros à 599 millions.

Une consommation apparente
de 1 milliard d’euros

Globalement, indique le SYMOP, la consommation apparente d’outillage mécanique en France a atteint 1 011 millions d’euros en 2014 contre 1092 millions en 2013, soit une baisse de 7%. La part des outils coupants pour l’usinage des métaux dans l’outillage mécanique se répartit de la façon suivante : alésage/perçage (27%), fraisage (15%) et taraudage/filetage (8%). Au total, la production française d’outils coupants a atteint en 2014 un chiffre d’affaires de 394 millions d’euros se répartissant comme suit : tournage, brochage, emboutissage et poinçonnage (213 millions), alésage et perçage (116 millions), fraisage (56 millions) et taraudage/filetage (8 millions).

ISABELLE VERDIER


La mécanique française retrouve son niveau d’avant crise
Selon les chiffres du GIFEC (groupement interprofessionnel de fabricants dans le domaine de l’usinage, de l’outillage et des transmissions de puissance), la mécanique française dépasse en 2016 son niveau d’avant crise. Les industries mécaniques ont ainsi enregistré un chiffre d’affaires de 123,8 milliards d’euros en 2016, en progression de près de 2% par rapport à 2015. « La conjoncture des principaux secteurs clients des industries mécaniques s’est nettement améliorée en 2016, faisant écho à l’augmentation des dépenses d’investissement de l’industrie manufacturière », note la Fédération des industries mécaniques (FIM). La reprise de l’investissement amorcée en 2015 s’est poursuivie en 2016, avec une hausse estimée à 4%.
La mécanique française demeure au 6ème rang mondial derrière la Chine, les États-Unis, le Japon, l’Allemagne et l’Italie. Le taux d’exportation direct du secteur est de 39%. Les ventes destinées au marché intérieur ont progressé de 3,2% en 2016. Celles destinées aux 28 pays de l’Union européenne représentent près de 56,1% des exportations des industries mécaniques, en progression de 2,3 % sur un an. Un dynamisme porté principalement par les marchés de l’Europe du Sud : Espagne (+ 5%), Italie (+ 5,4%). Les marchés allemand (- 0,6%) et anglais (- 0,7%) ont été plus atones, l’Allemagne restant cependant le premier pays client des industries mécaniques françaises avec 14,9% du total des exportations.