Le ministre met en avant le modèle d’une industrialisation réussie

Les industriels ont fait savoir au ministre qu’il n’est pas toujours simple de recruter du personnel dans la vallée de l’Arve.

Vendredi 25 août, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances est venu rendre visite aux industriels de la vallée de l’Arve. Il s’est également inquiété du sort des salariés des entreprises Maike Automotive et Pure Fishing.

À la rencontre des acteurs économiques de la vallée de l’Arve, Bruno Le Maire s’est rendu chez Baud Industrie à Vougy et Somfy à Cluses. Lors d’une table ronde avec des chefs d’entreprise de la région, il est intervenu sur la politique gouvernementale en faveur de la compétitivité des entreprises.
Très brièvement, lors de son déplacement, le ministre s’est exprimé sur le sort des salariés des deux entreprises actuellement en difficulté dans la région. Aux représentants de l’entreprise Frank&Pignard, il propose de venir le rencontrer à Paris. « Il faut se mettre autour de la table pour discuter. »
Concernant l’entreprise Pure Fishing (Mitchell) de Marignier, dont le tribunal de Bonneville vient de repousser au 25 septembre la prolongation du délai de consultation du comité d’entreprise, « je veux faire tout ce qu’il est possible pour que les salariés soient reclassés. » Il regrette l’alerte tardive qui a été faite concernant la relocalisation de Mitchell hors de France.

Le ministre fixe un cap aux entreprises
Lors d’une table ronde avec des chefs d’entreprise de la région, le ministre a félicité les acteurs du secteur du décolletage :
« Vous représentez le modèle d’une industrialisation réussie. Vous êtes l’exemple vivant que l’industrie a un avenir en France et je serai votre avocat pour défendre cette industrie française. » Le ministre a fortement insisté sur l’importance pour les entreprises françaises d’entrer de plain-pied dans la révolution technologique en cours. Il souhaite défendre une économie de la création. Satisfait de voir à quel point Baud Industrie incarne ce renouveau technologique.
« L’innovation représente la clef. La France a vocation d’être leader, pas suiveuse. »

Les mesures phares annoncées par le ministre
Bruno Le Maire a annoncé plusieurs mesures qui entrent rapidement en vigueur. La baisse de l’impôt sur les sociétés, qui sera ramené de 33 à 25 % sur cinq ans. À partir de 2019, il prévoit
« une bascule du CICE (le crédit d’impôt compétitivité emploi) en allégement de charges », ce qui devrait permettre d’augmenter d’un milliard d’euros la réserve de participation pour les salariés. Mais aussi la suppression de toutes les cotisations sociales sur la maladie et le chômage payées par les salariés dès 2018.
Autre cheval de bataille du ministre en faveur des entreprises, l’amélioration des règles de transmission des entreprises,
« dans l’intérêt du pays. »

STEPHANE GROSJEAN


Le problème du recrutement, le ministre veut s’y intéresser de près
Lors de sa visite, Bruno Le Maire a pu constater le problème des entreprises pour recruter du personnel. Lionel Baud, le dirigeant de Baud Industrie, lui faisant remarquer que l’industrie du décolletage recherche chaque année de 400 à 500 personnes. Il a interpellé le ministre sur la société Martin qui a placardé sur ses grilles ses annonces. Elle est toujours à la recherche d’opérateurs-régleurs.
Vital d’améliorer la formation
D’où la nécessité, pour le ministre, de mettre l’accent sur la formation. « Il est vital de l’améliorer. » Il souhaite porter un discours positif sur l’emploi dans les entreprises. « Je suis l’ennemi résolu à tout conservatisme. »
Lors de sa visite des deux entreprises, au vu de leurs avancés technologiques il a démontré que « les robots créent de l’emploi, contrairement aux idées reçues. » Afin de répondre aux besoins des entreprises, d’un personnel qualifié, le ministre veut inciter les demandeurs d’emploi à aller vers ces métiers qui recrutent. « Il faut absolument réduire la courbe entre les demandeurs d’emploi et le besoin des entreprises. Il pourrait s’agir d’une pré-formation personnalisée, en les faisant intégrer le groupement salarié/employeur. »

Vendredi 25 août, Bruno Le Maire s’est rendu chez Baud Industrie à Vougy, puis chez Somfy à Cluses, deux modèles de la révolution technologique réussie dans la vallée de l’Arve.


Atouts et faiblesses de l’industrie française
« Cette année, le secteur du décolletage espère battre le record du niveau de son chiffre d’affaires d’avant la crise de 2008, avance Lionel Baud. Cela grâce à la force collective, à notre pôle de compétitivité qui regroupe plus de 300 entreprises. » Mais le chef d’entreprise de préciser: « Le dynamisme est avant tout vécu à travers l’entreprise familiale, car nous ne sommes pas soumis à la pression d’actionnaires. »
Lionel Baud a également interpellé le ministre au sujet des impôts, notamment pour la transmission d’entreprise et sur la problématique des charges patronales, « bien trop élevées par rapport à d’autres pays. Donc, comment faire ? Certes, nous résistons, mais à force de résister, un jour, on s’épuise… »