Outils coupants : tous les signaux sont positifs pour 2017

Nouvelle usine de Bussy (2010)

De retour de la conférence de l’ECTA (European Cutting Tools Association) regroupant sept associations nationales européennes : SYMOP (France), VDMA (Allemagne), IUCIMU (Italie), AFM (Espagne), Swissmem (Suisse) BHECTA c/o MTA (Royaume-Uni) et Sutton Tools (Pays-Bas), qui s’est tenue à Barcelone du 18 au 20 mai derniers, Daniel-Lilian Matthey, dirigeant du fabricant français Magafor, fait le point sur la conjoncture du secteur.

Daniel-Lilian Matthey

Comment se porte le marché français des outils coupants ?
Nous sommes moins de dix fabricants en France, mais nous avons résisté grâce à des produits de niche. Si l’on prend l’exemple de notre société Magafor, nous nous sommes spécialisés sur quatre créneaux spécifiques où nous sommes devenus leaders : les forets à centrer où nous détenons 32% du marché mondial, les fraises à ébavurer (8% du marché mondial) et les alésoirs de petite taille ainsi que les micro-fraises où nous sommes dans le top 3 européen. Dans tous ces domaines, nous comptons progresser, d’autant que la conjoncture internationale est partout favorable. Globalement, au niveau national, la progression entre 2015 et 2016 des commandes des fabricants français d’outils coupants est de 3%, mais pour notre société il y a eu une progression de 9,6% ! Nous avons beaucoup investi dans de nouvelles machines de production et nous allons donc poursuivre dans cette voie au vu de tous ces indicateurs très positifs.

Quels sont les perspectives du marché mondial ?
Tous les indicateurs sont au vert, cela fait des années que les perspectives n’ont pas été aussi bonnes. Même s’il y a des inquiétudes pour le Royaume-Uni liées au Brexit et si l’on note une baisse de croissance en Chine, d’une manière globale l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie tirent les chiffres vers le haut. Certains pays européens comme l’Espagne ou la Suisse, qui a souffert de la dévaluation du franc, se redressent. D’autres comme l’Allemagne ou la France ont de belles perspectives de croissance. Quant aux Etats-Unis, ils poursuivent sur leur lancée et il y a peu d’inquiétudes liées à l’arrivée de Donald Trump au pouvoir.

Dans un contexte aussi positif, quelle est votre stratégie de développement ?
Nous restons dans une stratégie de niche qui nous permet de vendre dans le monde entier par le biais d’agents, mais aussi en marque blanche. Actuellement, l’Europe est notre principal marché (77% de notre chiffre d’affaires). Nous comptons nous développer encore plus en Allemagne, qui représente actuellement 20% de notre chiffre d’affaires, mais aussi sur le marché américain. De plus, nous avons commencé à attaquer dès 2016 des marchés plus difficiles tels que la Chine, l’Inde ou le Brésil avec des produits fabriqués à moindre coût et de qualité plus régulière grâce à nos centres transfert à commande numérique. Ces cellules arrivent au rythme d’une par an depuis 2015 et, souhaitons-le, encore pour de nombreuses années…

Entretien réalisé par Isabelle Verdier