MedTechs : un marché français très innovant

Les entreprises du secteur des technologies médicales présentes en France sont innovantes, mais confrontées à des exigences réglementaires croissantes et à un manque de financement post-amorçage. Etat des lieux du secteur, selon le Syndicat national de l’industrie des technologies médicales (SNITEM).

On recense en France plus de 1 300 entreprises du secteur du dispositif médical (DM), dont 92% de PME, signale dans son étude le SNITEM. Ce syndicat, qui rassemble les acteurs de l’industrie des technologies et dispositifs médicaux en France, vient de dresser pour la première fois depuis six ans un panorama quantitatif et qualitatif des entreprises du dispositif médical en 2017. Ces entreprises représentent 28 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 8 milliards à l’export, et emploient 85 000 salariés.

Les entreprises du dispositif médical (DM) en France

L’ensemble de la filière est tiré par des PME innovantes et de plus en plus internationalisées. Les entreprises internationales représentent ainsi un tiers des entreprises basées en France et deux tiers du chiffre d’affaires réalisé. L’internationalisation et la R&D sont les deux principaux moteurs de la croissance.
Parmi les PME affichant un taux de croissance supérieur ou égal à 10%, le taux moyen à l’export s’élève à 30% du chiffre d’affaires. En ce qui concerne les ETI (entreprises de taille intermédiaire), la part du chiffre d’affaires à l’international s’élève en moyenne à 64%.
Des difficultés à surmonter Le secteur très dynamique des MedTechs a toutefois des difficultés à surmonter, rapporte dans son étude le SNITEM. Le syndicat signale ainsi trois « enjeux plus critiques » : – des exigences réglementaires croissantes.

L’adoption en avril dernier du nouveau règlement européen sur les dispositifs médicaux rend l’obtention du marquage CE de plus en plus contraignant ; – des difficultés d’accès au marché. En dépit d’un bon soutien amont à l’innovation, la spécificité des dispositifs médicaux (petites séries de produits et multiples référencements) demeure insuffisamment prise en compte, notamment dans les appels à projets ; – un manque de financement post-amorçage. Les besoins en capitaux des entreprises augmentent en raison des exigences (réglementaires, R&D ou export) de plus en plus marquées. Cela induit un vrai déficit de compétitivité par rapport aux entreprises étrangères. Des enjeux cruciaux pour ce secteur qui sont également soulignés par le DG de Pixium Vision, Khalid Ishaque (voir son interview).

Exemple d’innovation française, le dispositif IRIS II de Pixium Vision. – © Pixium Vision

Marché des technologies médicales en France

Source : MedTech in France


5 entreprises MedTechs en vedette

Pour donner un aperçu des innovations des entreprises MedTechs en France, voici cinq entreprises qui avaient été sélectionnées en janvier dernier par l’association MedTech in France, qui regroupe plus de 40 entreprises du secteur des MedTechs (e-santé, télémédecine, technologies optiques, robotique chirurgicale et imagerie médicale), à l’occasion de la Journée nationale de l’innovation en santé :
– EOS Imaging. Basée à Paris avec quatre filiales à l’étranger (Etats-Unis, Canada, Allemagne, Singapour), l’entreprise conçoit, développe et commercialise une solution d’imagerie innovante et unique au monde dédiée aux pathologies ostéo-articulaires et à l’orthopédie.
– LivaNova. Basée à Clamart en région parisienne, la société, devenue mondiale, repose sur trois divisions : la chirurgie cardiaque, la neuro-modulation et le management du rythme cardiaque.
– SpineGuard. Cette entreprise française conçoit, développe et commercialise dans le monde entier des dispositifs médicaux destinés à sécuriser et à simplifier la chirurgie du dos.
– Theraclion. Cette entreprise conçoit et développe des ultrasons thérapeutiques permettant le traitement non invasif des tumeurs bénignes du sein et de la thyroïde sous guidage échographique.
– Urgo. Le groupe français développe des pansements innovants et a créé une startup interne, UrgoTech, destinée à apporter les bénéfices de la santé connectée.

ISABELLE VERDIER