MedTechs : l’Europe, deuxième marché mondial en légère baisse

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L’Europe est, après les États-Unis, le deuxième marché mondial des technologies médicales ou MedTechs avec une part de marché en légère baisse, tandis que celle des États-Unis augmente, selon les chiffres de MedTech Europe. La France reste le deuxième marché européen après l’Allemagne.

Selon les chiffres fournis par l’association MedTech Europe, qui regroupe les entreprises européennes du secteur (réparties dans deux domaines différents : les dispositifs médicaux et les diagnostics in vitro), le marché européen des technologies médicales représentait en 2017 environ 115 milliards d’euros, soit 27 % du marché mondial. Un pourcentage en légère baisse par rapport à 2015 (28 %).
C’est le deuxième marché le plus important après celui des États-Unis, qui à lui seul représentait 43 % du marché mondial en 2017, en augmentation par rapport à 2015 (40 %). Les autres pays arrivent loin derrière : on retrouve ainsi le Japon et la Chine (respectivement 7 % et 6 % du marché mondial), puis le Canada (2 %) ainsi que le Brésil et la Russie (1 % chacun).

20 milliards d’euros dégagés

Par contre, l’excédent commercial dégagé par le secteur des technologies médicales en Europe a augmenté de manière significative entre 2015 et 2017, passant de 14 à 20 milliards d’euros. Tandis que les États-Unis ont vu pour la même période leur excédent commercial diminuer : celui-ci n’a atteint que 2 milliards d’euros en 2017 contre 5 milliards d’euros en 2015, selon les chiffres de MedTech Europe.
L’Europe garde toujours trois partenaires commerciaux privilégiés : les États-Unis, la Chine et le Japon. Selon les chiffres 2017 de MedTech Europe, les Etats-Unis sont de loin le premier partenaire de l’Europe avec une part de 53 % des importations et de 41 % des exportations. La Chine vient en deuxième position, représentant 12 % des importations européennes et 10 % des exportations. Enfin, le Japon est en troisième position avec une part de 6 % des importations et de 7 % des exportations européennes.

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L’Allemagne en tête

Si l’on prend en compte le total des exportations et des importations de dispositifs médicaux par pays en 2017, l’Allemagne arrive en tête des pays européens avec des exportations de 26 milliards d’euros et des importations de 17 milliards. Elle est suivie par les Pays-Bas (exportations de 17 milliards et importations de 14 milliards) et la Belgique (exportations de 12 milliards et importations de 10 milliards). On trouve ensuite par ordre d’importance l’Irlande, la Suisse, la France, le Royaume-Uni et l’Italie.
Enfin, le trio de tête des pays européens pour le marché des dispositifs médicaux est le suivant : l’Allemagne, loin devant avec 27 % de part de marché, la France, deuxième avec 15 % et le Royaume-Uni, troisième avec 11 %. Arrivent ensuite l’Italie (10 %), l’Espagne (6 %), les Pays-Bas et la Suisse (4 % chacun), puis la Belgique (3 %) et enfin la Suède et l’Autriche (2 % chacun).

La France, 2ème marché européen

La France est le deuxième marché européen pour les dispositifs médicaux, derrière l’Allemagne et devant le Royaume-Uni. En 2017, le marché français des dispositifs médicaux a représenté un marché de 28 milliards d’euros, dont 8 milliards à l’export, réalisé par plus de 1300 entreprises, dont 92 % sont des PME, indique le Snitem (Syndicat national de l’industrie des technologies médicales). Le syndicat estime qu’il y a eu une dynamique positive du secteur en 2017 avec 214 entreprises créées et 411 sociétés nouvellement entrantes dans ce domaine.

Le Snitem pointe toutefois des freins au développement du secteur en France : difficulté d’accès au marché, manque de financement post-amorçage et surtout complexification et rallongement des délais d’obtention du marquage CE. Sur ce dernier point, le syndicat s’inquiète de la publication prochaine du nouveau Règlement européen sur les dispositifs médicaux qui est beaucoup plus contraignant avec des exigences renforcées sur la sécurité, la performance des preuves cliniques ou encore les reclassifications de produits.

Isabelle Verdier