Machines-outils : un marché français au plus haut en 2017

Global Industrie 2019 - Machines-outils ©Foucha Muyard

Le secteur de la machine-outil en France a enregistré en 2017 son meilleur résultat depuis 2012 avec des ventes qui ont progressé de 12% en valeur entre 2016 et 2017, selon les chiffres du Symop. Ce taux de croissance exceptionnel devrait toutefois diminuer l’année prochaine même si les perspectives de la machine-outil restent bien orientées pour les prochaines années.

Les ventes de machines-outils ont été particulièrement dynamiques en 2017, indique dans son rapport d’activité le Symop, enregistrant une croissance de 12% en valeur et 5,2% en volume. Si les machines de formage ont connu une croissance assez faible en volume (1,6%), les machines d’usinage ont nettement performé (+5,5% en volume) après une année 2016 déjà favorable. L’analyse des fournisseurs de machines dévoile une amélioration de leur rentabilité depuis 3 ans.

Les tours constituent le premier segment de la machine-outil française (34%). Ce segment a connu une dynamique particulièrement favorable avec une consommation en volume en hausse de 14,9%.

Global Industrie 2019 – Machines-outils ©Foucha Muyard

De même, la progression des ventes de centres d’usinage atteint +9,4% par rapport
à 2016, pour une valeur totale de 360,3 millions d’euros. On estime qu’environ 85% des centres vendus en France sont aujourd’hui des centres à 5 axes.

En ce qui concerne les secteurs, l’automobile a stabilisé ses investissements en 2017 et redevient le premier secteur client de la machine-outil française (28,2%). Si la part de l’industrie aéronautique dans l’investissement en machines-outils est en diminution (24,7%), les entreprises françaises du secteur prévoient une augmentation de la production dans les prochaines années. L’industrie mécanique est le troisième client des fournisseurs de machines et représente 24,1% des ventes. Le redressement des carnets de commandes et des perspectives de production s’est généralisé à la plupart des secteurs de cette industrie.

Selon le Symop, les tendances observées devraient soutenir une croissance robuste de la consommation apparente de machines-outils en 2018, estimée à +9,5%.
Les investissements devraient rester dynamiques avec des taux moyens de croissance de l’ordre de 4% à l’horizon 2020. Le Symop estime que la demande de machines-outils devrait connaitre une forte expansion en 2018 (+7,4%) pour retrouver un niveau supérieur à 4% sur les années suivantes.

Deux facteurs peuvent expliquer ces bons chiffres : la France est poussée par un phénomène de rattrapage, les investissements ayant été décalés en raison des difficultés économiques de la zone euro et l’annonce fin 2018 du Premier ministre Édouard Philippe de l’instauration d’une mesure de suramortissement de 40% sur les investissements des PME dans les technologies d’avenir.

LA CONNECTIVITÉ FAIT LA DIFFÉRENCE

Cette année, la connectivité est le maître mot de tous les grands fabricants, signale le Symop. La numérisation de la chaîne de production permet de suivre les points forts et les points faibles des différentes étapes de processus, et donc d’optimiser les premiers et d’apporter en temps presque réel les correctifs nécessaires aux seconds. Des enjeux déjà intégrés dans la stratégie des grands groupes, pour qui l’amélioration de la performance passe par le développement de la digitalisation des lignes de production de leurs différents sites.
Les entreprises clientes veulent rester compétitives par rapport à une concurrence internationale très agressive. A travers leur investissement en machines, elles demandent l’amélioration de la qualité de leur produit, une réactivité et une flexibilité plus forte de leur production, accompagnée d’une baisse des coûts de fabrication, signale Catherine Bruzaud, responsable Economie du Symop. Selon la typologie du client ou son domaine d’activité, deux niveaux de demande s’affirment : la recherche d’un prix de machine très compétitif et/ou une réelle technicité des machines.

Isabelle Verdier