L’industrie européenne toujours compétitive

Selon le rapport d’activité 2017 de l’ASD* (Aerospace and Defense Industries Association of Europe),tous les indicateurs sont au vert pour l’industrie européenne de l’aéronautique et du spatial. Détail des chiffres.

Celle-ci a réalisé en 2016 un chiffre d’affaires de 220 milliards d’euros, en légère baisse par rapport à 2015 (222 milliards d’euros), mais cela est dû aux effets négatifs de la dévaluation de la livre sterling par rapport à l’euro, souligne le rapport. Cette industrie reste toujours très compétitive grâce à des dépenses en R&D qui ont représenté 20 milliards d’euros en 2016 (une somme équivalente à l’année précédente) et pèse d’un poids économique non négligeable au sein de l’Europe avec 844 000 personnes employées dans ce secteur.
Le secteur de l’aéronautique est majoritaire : il représentait 73% du chiffre d’affaires total réalisé en 2017, dont 53% provenant des activités civiles et 20% du militaire. Le spatial compte pour 4% du chiffre d’affaires et le naval pour 10% (voir infographie). L’aéronautique joue également un rôle prépondérant dans les exportations du secteur avec un montant avoisinant 106 milliards d’euros, dont un tiers qui correspond à des ventes intra-européennes.
Les exportations concernant l’aéronautique civile ont fait un bond de 10% en 2016 par rapport à l’année précédente, atteignant le montant de 81 milliards d’euros. Cela permet d’avoir un solde positif de la balance commerciale de 30 milliards d’euros. Quant à l’aéronautique militaire, ses revenus ont atteint un montant de 45 milliards d’euros en 2016, dont la moitié est exportée.
Le secteur de la défense comprend beaucoup de PME et d’entreprises de taille moyenne, souligne le rapport de l’ASD. Le chiffre d’affaires du secteur a représenté en 2016 un montant de 96,5 milliards d’euros, en légère baisse par rapport à 2015 (101 milliards d’euros), due là aussi à la dévaluation de la livre sterling.
Comme le souligne dans le rapport le président de l’ASD, Eric Trappier, qui est à la tête de Dassault Aviation, l’un des défis majeurs à relever reste celui de la compétitivité et de l’innovation. D’où l’importance d’investir dans la R&D pour rester à la pointe des dernières technologies. Comme pour la France, il s’agit pour l’important réseau de PME sous-traitantes du secteur de s’adapter aux exigences grandissantes des grands groupes donneurs d’ordre. Pour l’Europe, ce sont 24 compagnies seulement qui concentrent à elles seules 80% des recettes du secteur aéronautique et spatial, signale l’ASD.
Isabelle verdier

Perspectives mondiales : deux scénarios possibles

Le secteur mondial du transport aérien soutient 65,5 millions d’emplois et 2 700 milliards d’activités économiques dans le monde, selon une étude publiée début octobre par le Groupe d’action du transport aérien (Atac), qui représente l’ensemble du secteur de l’aviation (compagnies aériennes, aéroports, organisations de gestion du trafic aérien et fabricants d’aéronefs et de moteurs). Intitulée Aviation: Benefits Beyond Borders, cette étude examine deux futurs scénarios possibles pour la croissance du trafic aérien:
• Avec une approche ouverte et libre-échangiste, la croissance du transport aérien devrait soutenir quelque 97,8 millions d’emplois et 5 700 milliards d’activités économiques en 2036 ;
• Dans une optique protectionniste, plus de 12 millions d’emplois et 1 200 milliards d’activités économiques en moins seraient soutenus par le transport aérien.
Pour l’heure, plus de 10 millions de personnes travaillent directement pour l’industrie elle-même. Tandis que le transport aérien achemine 35 % du commerce mondial en termes de valeur (soit 6 000 milliards de dollars en 2017), mais moins de 1 % en volume (62 millions de tonnes en 2017).

Chiffre d’affaires 2016 de l’industrie aéronautique européenne par secteurs d’activité