Le lycée Charles Poncet, un vivier de main-d’œuvre qualifiée

Le BTS Décolletage est une chance pour la vallée de l’Arve. Les entreprises ont un vivier de main d’œuvre locale compétente.

Alors que les entreprises du décolletage de la Vallée de l’Arve traversent une crise du recrutement,  la section d’enseignement professionnelle Paul-Bechet du lycée Charles-Poncet forme les futurs salariés du secteur. Un domaine lucratif où le chômage n’existe pas.


Le lycée Charles-Poncet en chiffres
Le lycée Charles-Poncet est passé de 800 élèves au milieu des années 1980 à 1500 aujourd’hui. Les deux CAP décolletage peuvent accueillir 12 élèves chacun. Les effectifs des baccalauréats professionnels Décolletage, Usinage et Outilleur, accueillent quant à eux environ 55 élèves à chaque niveau (seconde, première et terminale). Le lycée général a un effectif total de 1300 élèves tandis que le lycée professionnel accueille 200 élèves.


 

En traversant la vallée de l’Arve, les entreprises du décolletage affichent clairement leurs besoins de main-d’œuvre. La situation est presque critique. Le lycée Charles-Poncet et sa section d’enseignement professionnel l’ont bien compris en proposant deux CAP et trois Bac pro en lien avec le domaine.

S’adapter aux besoins et attentes des entreprises
« Nous avons la chance d’être au plus près des recruteurs et ces entreprises sont des partenaires importants pour nos formations, explique Bernadette Calandry, proviseure adjointe de l’espace Bechet. Nous menons des réflexions dans le cadre du Campus des métiers, donc l’objectif est de mettre en adéquation l’offre de formations avec les attentes des entreprises. »
Les besoins en maintenance sont probablement parmi les plus importants dans la vallée. Ainsi, le lycée, seul établissement public de l’académie de Grenoble à proposer ce type de formation, fait la promotion perpétuelle de métiers dont les salaires pourraient frustrer professeurs et formateurs.
« Un élève qui sort avec son CAP ou son Bac pro décolletage peut facilement gagner jusqu’à 3000 euros net et l’embauche est immédiate même si les entreprises attendent de plus en plus des élèves prêts à l’emploi », explique le référent de la formation. La polyvalence est la réponse proposée par l’établissement à cette attente du milieu industriel. Les élèves ont, tout au long de leur cursus des semaines de stages en entreprises et apprennent à la fois différentes techniques, sur machines traditionnelles ou à commandes numériques.

Un large panel de formation pour le décolletage
Deux CAP, en deux ans, sont proposés aux élèves. Le plus connu et ancien est le CAP Opérateur régleur en décolletage (assure le montage et le réglage des machines, réalise et affûte ses outils, produit des pièces en grandes séries et contrôle la production). Depuis 2017, le CAP Conducteur d’installation de production est proposé (voir ci-dessous).
Pour ceux qui veulent privilégier une formation baccalauréat, une seconde professionnelle à orientation programmée existe, au cours de laquelle les élèves découvrent trois métiers dans lesquels ils se spécialiseront dès la 1ère.
Trois options sont alors proposées, pour des postes en entreprises plus importants et à forte valeur ajoutée (salaire et niveau hiérarchique): Technicien outilleur, Technicien d’usinage et enfin Productique, mécanique, option décolletage outilleur.
« À la suite de leur Bac pro, les élèves souhaitant poursuivre leurs études sont encouragés à rentrer en BTS dans l’un des deux établissements labélisés Lycées des Métiers de l’industrie Arve Mont-Blanc, soit à Charles-Poncet soit à René-Dayve à Passy », conclut la proviseure adjointe fière du lycée dans lequel elle travaille.


Lycée Charles-Poncet – 1 avenue Charles-Poncet – 04 50 89 36 20
Section Professionnelle – 165 avenue Paul-Béchet – 04 50 98 81 93


Les lycéens en BTS Décolletage sont polyvalents et les machines à commandes numériques ont une place de choix dans leur enseignement.


Un nouveau CAP pour répondre aux attentes des décolleteurs
Pour former les jeunes en fonction des besoins des 600 entreprises, à forte majorité de décolletage, présentes dans la vallée de l’Arve, il ne faut pas hésiter à innover et à s’adapter. C’est la raison pour laquelle, la section professionnelle Paul-Bechet du lycée polyvalent Charles-Poncet a créé, l’an dernier, une nouvelle formation permettant d’obtenir un CAP Conducteur d’installation de production, en complément du CAP historique Opérateur régleur en décolletage.
Alors que le plus ancien des deux CAP de l’établissement public permet aux élèves d’apprendre à devenir des aides décolleteurs sur tour à cames et à commandes numériques, le second permet d’être en charge de la conduite en production d’une installation industrielle automatisée. L’élève devra donc apprendre à préparer et à régler la production à son poste de travail et à lancer et surveiller la production après contrôle. Lors de cette formation de 2 ans après la classe de troisième, les élèves reçoivent chaque semaine un enseignement général de 12 heures et un professionnel de 14 heures axé sur l’apprentissage de la conduite de moyens de production.

Julien Tilmant