La transition vers le véhicule électrique s’impose

Face à des normes environnementales toujours plus strictes, la transition vers le véhicule électrique est devenue un enjeu majeur pour tous les constructeurs automobiles, selon une étude de KPMG. Explications sur un marché en pleine évolution.

BMW 8 coupé

C’est l’un des axes majeurs dégagé par l’étude annuelle que vient de publier KPMG sur les tendances clés du secteur automobile à travers le monde : la transition vers le véhicule électrique s’impose.
Les 900 dirigeants et les 2100 consommateurs interrogés dans la cadre de cette étude s’accordent sur l’enjeu crucial de l’électrification des véhicules à l’horizon des cinq prochaines années.
Face à cette évolution, les constructeurs mondiaux ont développé plusieurs nouvelles technologies comme la pile à hydrogène, qui ne cesse de gagner du terrain sur la batterie. Cette nouvelle piste technologique nécessite toutefois la mise en œuvre d’une infrastructure dédiée afin d’alimenter les véhicules en hydrogène. Même chose pour la batterie, qui doit bénéficier d’une infrastructure électrique particulièrement conséquente que de nombreux pays ne sont pas prêts à mettre en œuvre.


Selon l’étude de KPMG, si l’on se projette à un horizon de cinq ans, on aboutirait à un mix équilibré parmi les technologies disponibles avec les proportions suivantes :
– 26% pour les véhicules électriques à batterie ;
– 25% pour les véhicules fonctionnant par pile à hydrogène ;
– 25% pour les motorisations traditionnelles (diesel et essence) ;
– 24% pour les moteurs hybrides, rechargeables ou non.
Pour Eric Feunteun, directeur du programme véhicules électriques (VE) du groupe Renault, l’électrification des véhicules avance vite, particulièrement en Chine et en Europe avec trois pays phares : l’Allemagne, la Norvège et la France. « En Europe, le marché du véhicule électrique a augmenté de 44% en 2017 par rapport à 2016 », a t-il affirmé à l’occasion du Simodec où il était l’invité d’une table ronde organisée par le SNDEC. Des différences existent entre les pays européens à l’instar de la Norvège où les véhicules électriques représentent 17% des ventes sur le marché, comparé à seulement 0,12% en Italie, soit un ratio de 140 entre les deux pays ! En France, la ZOE réalise à elle seule 12% des ventes du segment B de Renault et la Kango 8% de son segment, affirme Eric Feunteun.
Certes, ramené à l’ensemble du parc automobile dans le monde, les véhicules électriques ne représentent pour l’instant que 1% des ventes mondiales, mais cette proportion devrait rapidement évoluer avec des projections qui tablent sur 20% de moteurs électriques et hybrides en 2030. Plusieurs marques investissent le marché en 2018 comme la Kia Niro EV, la Jaguar i-PACE ou encore la Hyndai Kona EV. Le temps de se préparer à tous les changements que cela implique dans les usines (nouvelles lignes de fabrication) et dans l’écosystème (points de chargement publics, smart-charging, etc.) avec de nouvelles technologies à développer (e-moteurs, électronique de puissance, freinage, climatisation) et de nouveaux models-business (nouvelles utilisations clients, location de batteries).

Isabelle Verdier