La ministre du Travail face aux décolleteurs

Le vendredi 4 octobre, à l’invitation du député Xavier Roseren, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a fait une visite remarquée dans la vallée de l’Arve. Les décolleteurs ont profité d’une table ronde pour évoquer leurs craintes quant à la crise du secteur automobile.

La crise que traversent actuellement les décolleteurs sous-traitants du secteur automobile risque-t-elle d’être aussi importante voire plus grave que celle de 2008 ? Afin d’éviter le pire, les industriels de la vallée ont profité de la présence de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, pour évoquer cette problématique et trouver des solutions préventives.

Prévenir plutôt que guérir

Pour débuter sa journée dans la vallée, Muriel Pénicaud a découvert l’univers de l’entreprise Pernat Industrie dont 80% de l’activité est liée au secteur automobile. Après le tour de l’usine et quelques discussions avec des ouvriers, la ministre et la cohorte d’élus locaux qui l’accompagnait se sont assises face à des représentants du monde du décolletage.

“On voulait lancer une alerte. L’industrie automobile est en pleine mutation et il faut dire que l’Etat tape beaucoup trop sur le diesel, explique Roger Pernat en tout sincérité. Sur l’électrique, tout le monde y va de son avis mais même les constructeurs ne savent pas où ils vont alors imaginez, nous… La clef pour qu’on puisse survivre à une nouvelle crise est de permettre à nos employés de s’adapter aux demandes du marché par la formation.”

Former plutôt que licencier

À écouter les décolleteurs présents lors de la table ronde sur l’avenir du secteur, la formation est en effet essentielle. “On a de plus en plus de mal à recruter alors, plutôt que de perdre de l’énergie à chercher toujours de nouveaux collaborateurs, autant permettre à ceux qui travaillent déjà avec nous de suivre l’évolution du métier et du marché”, lançait un chef d’entreprise.

“Vous battez des records en Haute-Savoie avec 25% d’apprentis. Il y a de plus en plus de demandes ici avec plus de 40% cette année”, indiquait la ministre. Les industriels et Lionel Baud, président du SNDEC, ont, de leur côté, insisté sur les financements nécessaires pour former les forces vives déjà présentes dans les entreprises. “On investit chaque année pour renouveler notre parc de machines alors il faut nous aider pour la formation car sinon nous n’y arriverons jamais”, ajoute un autre décolleteur, patron d’une petite entreprise de 5 personnes. De son côté, Muriel Pénicaud n’a pas fait d’annonces fracassantes mais a assuré que l’État se souciait de la situation des décolleteurs. Une affaire à suivre, puisque le député Martial Saddier a affirmé qu’il ne lâcherait rien sur ces questions essentielles à la survie de la vallée…

Julien Tilmant