Interview de Lionel Baud, président du SNDEC* et PDG de Baud Industries

Lionel Baud (au centre) lors de la remise des prix de l’industrie du futur.

« L’international, un levier essentiel de notre croissance »

Quelles sont les tendances du décolletage en France en 2017 et les prévisions en 2018 ?
La filière continue de se solidifier et l’activité du décolletage a progressé de 6% par rapport à 2016. Le chiffre d’affaire dépasse 2,2 milliards d’euros en 2017. Ce chiffre est une première pour la filière. Pour 2018, nous sommes sur une tendance similaire.

Quels sont les secteurs d’activités qui boostent particulièrement cette croissance ?
Globalement, tous les marchés ont tiré l’activité du décolletage. Mais l’automobile et l’aéronautique ont été les plus demandeurs, représentant respectivement 53% et 12% du chiffre d’affaires des décolleteurs.

L’international est un axe de développement important. Peut-on faire un bilan des actions menées en 2017 ? Et dire un mot sur celles prévues en 2018 ?
L’international est effectivement un levier essentiel de la croissance de nos entreprises. Au sein du SNDEC, nous avons constitué plusieurs groupes d’entreprises en fonction de leur secteur d’activité et de leur marché : bien d’équipement, automobile, défense, aéronautique ainsi qu’un groupe nouvelles motorisations. Pour chacun de ces groupes, nous mettons en place des temps d’échanges, nous organisons des missions pays, des participations collectives aux salons professionnels et des visites de grands équipementiers. Au total, en 2017, nous avons organisé une dizaine d’actions et accompagné une centaine d’entreprises. En 2018, nous allons poursuivre toutes les actions qui soutiennent la croissance des décolleteurs à l’export. Nous continuerons également à nous rapprocher d’autres clusters comme Eden pour la Défense et de grands donneurs d’ordre tels que la DGA.

La première pierre du Technocentre vient d’être posée. Qu’en attendez-vous de manière concrète ?
Le Technocentre réunit centre de formation, laboratoires de recherche, centre de R&D et de transfert de technologies, et un « Smile permanent », concept unique dédié à la promotion des métiers industriels du secteur de l’usinage et de la mécanique de précision. Le Technocentre est un véritable centre de ressources pour toutes nos entreprises. Ce sera un atout décisif pour réussir notre transformation vers l’industrie du futur et pour continuer à positionner notre territoire comme la référence mondiale du décolletage et de l’usinage de précision.

Le Simodec va ouvrir ses portes le 6 mars prochain. Qu’attendez-vous de cette manifestation dont vous êtes partie prenante ?
Le Simodec est un rendez-vous incontournable pour l’industrie du décolletage. Pour une profession comme la nôtre, dont une des particularités est sa forte concentration géographique, disposer d’un salon international dédié à nos moyens de production est une chance exceptionnelle.
Mais le Simodec est bien plus que ça. C’est un concentré de solutions et d’innovations indispensables à la performance des entreprises : des solutions innovantes en équipements, composants, produits et services ; des innovations technologiques sur les procédés d’usinage, le contrôle qualité, les procédés de substitution complémentaires ; des échanges autour de l’usine du futur…
Véritable vitrine de notre savoir-faire et de notre dynamisme, le Simodec est aussi un excellent moyen pour valoriser le décolletage auprès des clients de la profession et pour échanger avec eux sur des problématiques stratégiques.
A ce propos, j’en profite pour rappeler la tenue d’une conférence majeure et stratégique pendant le Simodec jeudi 8 mars à 14h consacrée à l’avenir des énergies dans l’automobile. Organisée par le SNDEC, en partenariat avec la SIA (Société des Ingénieurs de l’Automobile) et la PFA (Plateforme de la Filière Automobile), des représentants importants de chez Renault, Delphi et Schaeffler viendront évoquer le marché du véhicule électrique, la baisse des motorisations diesel et thermiques et leur impact chez les fournisseurs.
L’édition 2018 va faire une large place à l’industrie du futur. Mais pas d’industrie du futur ni de futur dans l’industrie sans renouvellement des compétences. Parler de l’humain dans l’industrie amène nécessairement à parler des jeunes. Ce sont eux l’avenir de nos entreprises ! En 2018, pendant le Simodec, nous allons fêter les 10 ans de Smile, le Salon des Métiers Industriels et de L’Entreprise. Je suis très heureux de ce projet menée par le SNDEC car Smile a pu sensibiliser plus de 25 000 jeunes sur ces dix dernières années. Cela nous a déjà permis d’attirer des jeunes dans nos entreprises. A l’avenir, nous allons redoubler d’effort pour convaincre d’autres jeunes de nous rejoindre et continuer ainsi à faire grandir notre filière et notre territoire.

* syndicat national du décolletage

Propos recueillis par ISABELLE VERDIER