Ellistat invente un algorithme de réglage automatisé

Une partie de l‘équipe présente au salon Global Industrie avec de gauche à droite : Thomas Muller, Camille Forest et Davy Pillet ©IV

Récompensée dans la catégorie startup lors du dernier salon Global Industrie, la société Ellistat, créée en juillet 2017 à Annecy par Davy Pillet et son père Maurice Pillet, propose une solution logicielle, Ellisetting, qui permet de calculer directement les bons correcteurs pour obtenir une pièce bonne du premier coup.

Comme l’explique Davy Pillet, « il s’agit de faire mieux que le SPC (Statistical Process Control) traditionnel » qui a été inventé dans les années 1920 mais toujours d’actualité. Avec le SPC, le taux de rebut n’est pas optimal car il ne limite les dérives du procédé qu’à l’extérieur des limites de contrôle, ce qui n’est pas suffisant lorsque les tolérances sont très serrées.

Ellisetting propose le système de l’APC (Automated Process Control) qui permet de régler la production à partir d’un algorithme qui apprend du fonctionnement de la machine et contrôle les dérives du procédé. Le régleur est assisté avec le logiciel qui fournit automatiquement le signe de la correction, la valeur, les relations entre plusieurs mesures et permet de suivre automatiquement la production.

Outre le risque d’erreurs réduit et le gain de temps, cette solution est simple d’utilisation et permet de former le régleur en une journée au lieu de plusieurs mois, explique Davy Pillet. De plus, le système propose également un calcul par nuage de points qui permet de piloter des pièces qui ne sont qu’en courbe, comme par exemple une boite d’une montre.

D’où l’intérêt immédiat du secteur de l’horlogerie en France et en Suisse pour ce nouveau logiciel. La société qui compte cinq collaborateurs en plus des deux fondateurs – tous très jeunes -, n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Elle vise d’autres secteurs d’activité comme le décolletage.

Comme le souligne Davy Pillet, Ellisetting est parfaitement adapté aux besoins des décolleteurs dont les intervalles de tolérances sont souvent difficiles à tenir. Ce logiciel peut être utilisé pour des pièces de petites et moyennes séries comme de grandes séries. Ainsi, par exemple, à la suite de sa mise en place chez le décolleteur Joseph Martin, le taux de rebut a été divisé par trois, signale Davy Pillet.

Ayant réalisé un chiffre d’affaires de 450 000 euros en 2018, la jeune société compte le doubler en 2019. Elle multiplie les partenariats avec différentes sociétés (Rubis Control, Logystem, etc.). Elle sera également présente pour la deuxième année consécutive au salon EPHJ et espère à cette occasion multiplier les contacts pour se développer.

Isabelle Verdier