Décolletage : comment la filière se réorganise face au Covid-19

Malgré une baisse de 60% de l’activité, plus de la moitié des décolleteurs ont déjà mis en place des mesures sanitaires strictes afin de maintenir une production, annonce aujourd’hui le Sndec (Syndicat national du décolletage) dans un communiqué de presse. Le syndicat a adapté ses pratiques pour se mobiliser en soutien des entreprises et a décidé d’ouvrir ses services à l’ensemble des entreprises de décolletage et d’usinage.

Face aux conséquences du Covid-19, de nombreuses entreprises de décolletage ont été contraintes de diminuer leur activité, voire de fermer provisoirement leur usine pour mieux redémarrer, signale le Sndec. Ainsi, Didier Lathuille, DG de Lathuille Hudry (62 salariés, dont 41 en production), a fermé provisoirement pour mieux rebondir. « Que ce soit en raison de rupture d’approvisionnements, de difficultés de transport ou d’activité en baisse chez eux ou leur client, l’activité a extrêmement été réduite en moins d’une semaine », précise le syndicat. En mars, Baud Industries fera 15% de chiffre d’affaires en moins, et ce sera – 50 % en avril, a annoncé le PDG du groupe, Lionel Baud (également président du Sndec), dans une interview au Journal des entreprises.

Certaines entreprises ont instauré rapidement des mesures sanitaires très strictes afin de pouvoir poursuivre une partie de leur production, notamment pour les pièces nécessaires aux activités dites essentielles. C’est ainsi le cas de Baud Industries qui a mis en place des mesures telles que la prise de température pour chaque personne entrant sur les sites, le port de masques, le maintien des portes ouvertes, le nettoyage des outils et surfaces, le maintien des distances de sécurité, etc. « Ces mesures ont permis de rassurer nos équipes et nous continuerons de la même manière début avril avec la majeure partie de nos équipes », déclare Lionel Baud.

Le Sndec se mobilise auprès des entreprises de décolletage pour assurer le suivi des dossiers concernant l’activité partielle, le maintien des plafonds d’encours de garantie de l’assurance-crédit ou encore le respect des délais de paiement. « Les sous-traitants ne doivent pas faire les frais de travaux d’optimisation de la trésorerie de leurs clients », déclare à ce propos Maxime Thonnérieux, directeur du Sndec. Dès le 16 mars, une cellule de crise a été mise en place par le syndicat pour permettre un accompagnement au quotidien des entreprises avec un fil info envoyé tous les jours. Le Sndec a également participé au Guide des bonnes pratiques de mesures préventives au Covid-19 élaboré conjointement avec le Cetim, la Chambre syndicale de la Métallurgie Haute-Savoie et le pôle Mont-Blanc Industries sorti le 26 mars (voir notre article).

Enfin, le conseil d’administration du syndicat a pris le 26 mars une décision d’importance : ouvrir ses services à l’ensemble des décolleteurs, qu’ils soient adhérents ou non, ainsi qu’à l’ensemble de la profession usinage afin de faire face aux difficultés résultantes de l’épidémie Covid-19. Il est en outre prévu de mettre en place une plateforme collaborative de type forum qui permette un soutien opérationnel aux entreprises. « Cette plateforme nous permettra d’être beaucoup plus efficace sur l’aspect collectif et de faire encore plus d’accompagnements individualisés », souligne Maxime Thonnérieux. « Nous accompagnons et continuerons d’aider les entreprises à traverser cette période chaotique et ce, quels que soient leurs choix », ajoute-t-il.

I.V