Covid-19 : quelles conséquences pour les entreprises de la vallée ?

Pour les entreprises de la vallée de l’Arve, les conséquences du coronavirus Covid-19 se font déjà ressentir avec une baisse de leurs commandes ou encore des difficultés d’approvisionnement. Il y a toutefois pour certains décolleteurs un effet d’aubaine avec des commandes à la hausse.

Ainsi, explique Hervé Favre, président du groupe Decip « sur certaines activités de production intermédiaire en bi-broche ou bi-tourelle, on constate un mouvement d’entreprises qui tendent à relocaliser une petite partie de leur production qui était réalisée à l’étranger (notamment en Chine). Mais attention, poursuit-il, il n’est pas possible de mettre en oeuvre cela sur tout type de production. L’usinage de moules, par exemple, restera beaucoup plus difficile à relocaliser pour des questions de coûts ».

Même son de cloche pour Alain Appertet, dirigeant de Sunap, une TPE de décolletage. « Nous avons connu un record de commandes pour le mois de février sur des produits que nous fabriquons déjà », s’étonne -t-il. Toutefois le mois de mars est plus calme.

La majorité des entreprises de la vallée ressent plutôt un ralentissement de l’activité due entre autres au coronavirus. Pour Philippe Palefroy, directeur général de Hestika France, distributeur des machines-outils Citizen, « on sent depuis 15 jours que des clients décalent leurs investissements à plus tard suite à une baisse de leur activité liée notamment à des importations moindres de Chine ».

Quant au constructeur de machines-outils Index, le directeur de la filiale française Thierry Nouchet déclare que l’année 2020 sera difficile en raison surtout de la crise du secteur automobile.  « Nous prévoyons une année 2020 en recul avec beaucoup de donneurs d’ordre qui attendent désormais 2021 pour passer commande, souligne -t-il. Il y a de toute façon beaucoup d’incertitudes sur le secteur de l’automobile et les marchés de l’aéronautique et du médical ne compenseront pas la baisse d’activité due au diesel », ajoute -t-il.

Pour Alain Appertet, le problème principal est celui de l’approvisionnement en matières premières. « Il y a des tensions sur le titane, qui provient majoritairement de Chine, mais aussi sur l’aluminium », estime-t-il. Pour anticiper ces difficultés, il a décidé début mars d’approvisionner son entreprise en matières premières pour couvrir 6 semaines de production.

Isabelle Verdier