Comment trois décolleteurs de la vallée de l’Arve se sont tournés vers le médical

Arcom Industrie. Sébastien Gaillard avec le président de la CCI de Haute-Savoie, Guy Métral ©DR

Travailler pour le secteur médical demande des investissements importants pour obtenir les certifications nécessaires (ISO 13485 pour le marché des dispositifs médicaux) et répondre aux exigences  des réglementations américaine et européenne. Témoignage de trois sociétés de la vallée de l’Arve :  Arcom Industrie, et Azêta, qui font partie du GIE Mont-Blanc Médical Group, et de Supermétal.

Arcom Industrie a un parc machines adapté

Pour la société Arcom Industrie dirigée par Denis et Sébastien Gaillard, le marché médical est loin d’être négligeable puisqu’il représente le premier secteur en pourcentage du chiffre d’affaires de l’entreprise (40%), devant l’automobile, le fluidique, le vide et ultravide et l’aéronautique.

Sébastien Gaillard ©DR

Créée en 2000, l’entreprise, qui compte 70 collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 9,5 millions d’euros, a choisi de se positionner dans le domaine médical car il s’agit d’un secteur pérenne et les pièces fabriquées (aiguilles de diagnostic, chambres implantables, outillages chirurgicaux) sont adaptées au parc machine existant.

En contrepartie, ce marché est exigeant en termes de respect des spécifications : d’où l’importance d’une qualité garantie par un contrôle à 100% et de la certification ISO 13485 indispensable pour travailler dans le médical. Pour ce faire, de nombreux investissements sont intervenus depuis le début de cette année, notamment pour le parc machines et le contrôle.

Azêta a mis en place dès 2012 la norme ISO 13485

« On n’improvise pas quand l’on travaille pour le secteur médical », souligne Laurent Carrier, dirigeant de l’entreprise Azêta, qui regroupe depuis début 2018 les entreprises API Montage et Mont-Blanc Insertion. L’entreprise est particulière puisqu’elle s’appuie sur ses activités de sous-traitance industrielle (tri et contrôle qualité, marquage et traçabilité, conditionnement et packaging, montage et assemblage) pour faciliter l’insertion de personnes en difficulté face à l’emploi.

Laurent Carrier ©DR

« Nous avons démarré en 2008 dans le médical plus facilement que nous pourrions le faire aujourd’hui car les produits que nous fabriquions alors étaient en classe 1 et donc avec moins de contraintes réglementaires », souligne Laurent Carrier. L’entreprise a obtenu dès 2012 l’ISO 13485, indispensable sésame pour travailler dans le médical. Et aujourd’hui ce secteur représente 20% du CA de l’entreprise avec la fabrication de flacons poches pour l’industrie pharmaceutique, de canules et de valves.

Supermétal est référencé LRQA

« Le marché médical prend une part de plus en plus importante et représente aujourd’hui 30% de notre chiffre d’affaires global (10 millions d’euros au total pour un effectif de 80 personnes). La culture médicale est ancrée depuis longtemps au sein de l’entreprise », souligne Frédéric Obscur, en charge du Business Développement de Supermétal.

L’entreprise codirigée par Bruno de Chaisemartin et Jérôme Arthus Bertrand travaille aussi pour les marchés exigeants de l’aéronautique (60% du CA), et du nucléaire (10% du CA). Forte de son expérience dans le domaine médical, Supermétal est aujourd’hui certifiée ISO 13485 version 2016 et est référencée 21CFR part 820 auprès de la FDA américaine (US Food and Drug Administration).

Frédéric Obscur ©DR

Elle a profité du dernier audit de renouvellement pour passer d’un organisme certificateur vers un organisme notificateur LQRA (Lloyd’s Register Quality Assurance). L’entreprise fabrique des pièces pour des dispositifs médicaux implantables tels que des chambres implantables, implants pour le rachis, des produits destinés à l’orthopédie ainsi qu’à la médecine des mains, des hanches, des genoux…

« Travailler pour le secteur médical demande de renforcer le personnel chargé de la qualité et un long travail de qualification de tous les process de fabrication, déclare Frédéric Obscur. Cela nous pousse à avoir des machines dédiées au médical et nous envisageons même de construire un atelier entier dédié à ce secteur », conclut-il.

Isabelle Verdier