Christophe Bontaz et Daniel Anghelone, deux têtes pour succéder à Yves Bontaz

Christophe Bontaz(à gauche) et Daniel Anghelone (à droite) se partagent la direction de Bontaz centre.

Après le décès d’Yves Bontaz, son fils Christophe et son fidèle directeur Daniel Anghelone ont repris en main les rênes de Bontaz Centre. Ils racontent la transition et font le point sur la situation du groupe après la disparition de son fondateur.


Duo expérimenté

Christophe Bontaz :
Fils d’Yves, il est impliqué dans la gestion de Bontaz centre depuis plusieurs années.
« J’avais toute autonomie pour créer les questions commerciales, la définition des prix des produits par exemple ».
Daniel Anghelone :
Directeur général du groupe Bontaz centre depuis 1997, Daniel Anghelone a été de tous les projets lancés par Yves Bontaz.
Une sorte de duo d’entrepreneur façon Don Quichotte et Sancho Pança.
« Yves Bontaz était comme cela, il partait sur un projet et le poussait sans réserve. Parfois, il y avait des idées qui pouvaient paraître loufoques mais avec le temps on s’apercevait qu’il avait souvent raison ».


Le 27 avril, Yves Bontaz, fondateur du groupe Bontaz centre, mourrait à son domicile marnerot. Si l’industriel ne dirigeait plus son groupe au quotidien, il avait diversifié ses activités dans des dizaines d’entreprises dont le destin pouvait être modifié par sa mort. Six mois après, son fils Christophe Bontaz et son fidèle compagnon de route Daniel Anghelone font le point.
Qu’a changé le décès d’Yves Bontaz dans le quotidien du groupe ?
Christophe Bontaz : Le groupe, c’est aujourd’hui plus de 4500 salariés avec une structure qui s’est organisée en fonction. Mon père a toujours été là, il donnait des avis et nous envoyait quelques piques mais du fait de sa taille, le groupe est organisé pour que l’activité se poursuive normalement. Après, pour toutes les structures, créées après coup pour occuper mon père, c’est un peu plus compliqué. C’est Daniel Anghelone qui va se charger de prendre le relais.
Daniel Anghelone : Chaque activité à son directeur auquel nous laissons une grande autonomie. Je fais un point hebdomadaire avec chacun.
Quel était l’impact des avis d’Yves Bontaz sur la gestion du groupe ?
Christophe Bontaz : Je ne veux pas casser le personnage ; à 80 ans passés c’était le sage dont on recueillait l’opinion. Mais il fallait que cela aille vite. Il consacrait cinq minutes à chaque sujet, il fallait être très synthétique lorsqu’on lui exposait les choses. Il vérifiait que les choses avançaient dans le sens qu’il souhaitait, il nous laissait voir les détails. Il pouvait envoyer des piques assez acerbes quand cela ne lui convenait pas ; des sortes de moqueries notamment le soir par mail ou dans des commentaires. Il n’était pas rare de se réveiller le matin avec un mail incendiaire qui nous attendait. Ce n’était pas de la méchanceté de sa part et les gens le savaient. D’ailleurs des cadres m’ont dit que finalement ces petits messages leur manquaient.
Allez-vous abandonner certaines activités ?
Christophe Bontaz : Par respect pour ce qui a été fait, nous cherchons à établir une continuité. J’entends beaucoup de question sur la Ferme aux Beignets, par exemple. En ce moment, elle est fermée pour travaux et rouvrira. Mais nous ne pouvons pas nous en occuper directement. On ne peut pas s’y consacrer donc nous allons confier le restaurant à un couple de gérants. Ceci dit, nous allons abandonner l’élevage d’escargots qu’avait lancé mon père mais l’idée générale c’est de prolonger les activités. C’est important de le souligner notamment pour les gens qui sont employés par ces entreprises.

Propos recueillis par Julien Berrier