Ce qui change pour les décolleteurs

Jean-Luc Brossard, Directeur R&D de la Plateforme Filière de l’Automobile et mobilités (PFA)

Directeur R&D de la Plateforme Filière de l’Automobile et mobilités (PFA), Jean-Luc Brossard a répondu aux questions de Décolletage & Industrie sur les conséquences pour les décolleteurs des évolutions technologiques de l’industrie automobile.

Dans votre présentation lors de la table ronde du Simodec, vous avez évoqué une place accrue des véhicules électriques et hybrides à l’horizon 2030. Quelles en sont les conséquences pour les décolleteurs ?
Il y deux éléments du véhicule électrique dans lesquels le décolleteur n’interviendra plus, à savoir la chaîne de traction et l’énergie. En dehors de ces deux éléments, les perspectives de développement du décolleteur sur ce nouveau marché en pleine croissance sont très favorables. On peut toutefois noter que d’une manière générale les moteurs électriques comprennent moins de pièces que les moteurs thermiques et sont plus faciles à réaliser.

En tant que directeur R&D de la PFA, avez-vous mené une action pour prévenir les industriels de la vallée de l’Arve de la nécessité de s’adapter à de nouvelles donnes ?
Nous avons eu plusieurs réunions avec les industriels, mais aussi avec les préfets en région pour parler des impacts que peuvent amener les changements en cours avec le développement des véhicules électriques et hybrides, la digitalisation et la mise en service de véhicules autonomes et connectés. Il s’agit notamment de se préparer à de nouveaux métiers en se formant dans de nouveaux domaines.

Les industriels de la vallée de l’Arve seront-ils prêts à l’horizon 2030 ?
C’est justement tout le sens de notre mission à la PFA. Notre contrat de filière 2018-2020 a trois objectifs principaux : gérer la transition technologique vers le véhicule du futur, anticiper les évolutions compétences et emploi et assurer la compétitivité d’une industrie automobile française digitalisée. Il faut souligner que nous ne sommes pas dans une logique de rupture (il y aura encore 80% de véhicules à moteur thermique en 2030, selon nos projections). Le renouvellement du parc automobile se fait en 15 ans et nous avons donc le temps de nous y préparer. Par contre, c’est dès maintenant qu’il faut analyser les impacts des changements à venir pour mieux les anticiper.

Propos recueillis par Isabelle Verdier