Bruno Lefebvre, directeur général de Mitutoyo France

« La proximité des moyens de mesure avec la production »

Quelle est l’évolution des machines de métrologie pour les décolleteurs ?
La tendance dans l’industrie du décolletage comme dans beaucoup d’industries est l’augmentation des précisions des pièces produites ainsi que le nombre et la complexité des caractéristiques à mesurer. Cette évolution impose l’utilisation de moyens plus performants que les outils traditionnellement utilisés en atelier, tout en conservant une rapidité et une flexibilité d’utilisation.
Ces moyens proches des systèmes utilisés en salle de métrologie doivent trouver leurs places dans les ateliers, soit directement au pied des machines ou en salle de contrôle. Le corollaire d’une utilisation en atelier, lié à la non-spécialisation des équipes dans le domaine de la métrologie, impose la nécessité d’un niveau élevé d’automatisation tout en conservant une grande facilité d’utilisation et d’interprétation des résultats.
Quelles sont les bonnes questions à se poser pour s’équiper ?
Elles sont les suivantes :
● Réfléchir aux moyens à utiliser en fonction de leur configuration et de leur précision pour être en adéquation avec la pièce et ses tolérances ;
● Déterminer l’emplacement des moyens de mesure (atelier, salle de contrôle, salle de métrologie, en ligne…) en fonction de la criticité et de la fréquence des dimensions à contrôler ;
● Déterminer le type d’utilisateur en fonction des critères précédents et de l’organisation de l’entreprise, ce qui conditionnera le niveau d’automatisation nécessaire pour assurer un fonctionnement optimum ;
● Dans le cas d’un niveau élevé de technicité et d’automatisation, se poser la question de la compétence pour la mise en œuvre des moyens.
A quel coût ?
Le coût des solutions de contrôle est extrêmement variable en fonction de la solution retenue. Ce coût doit être considéré comme un global par l’analyse du retour sur investissement qui est calculé à partir de nombreux facteurs matériels et immatériels (gain de temps de mesure, fiabilité des résultats, coût de non qualité, pérennité des moyens…). Un des éléments essentiels de la réussite d’un projet de mesure est la compétence des intervenants lors de la sélection des moyens et de leur mise en œuvre. En fonction de la stratégie d’entreprise, ceci peut être réalisé, soit en interne par la montée en compétences de personnes dans les domaines de la métrologie et de la programmation et des éléments connexes (montage, posage, automatisation …) via des formations, soit en externe en s’appuyant sur un partenaire local pour tout ou partie de la prestation.
Quelles sont les erreurs à ne pas faire ?
● Minimiser l’investissement personnel nécessaire à la réalisation de ce genre de projet et ne pas le prévoir dans le coût de l’investissement global ;
● Choisir des solutions attractives qui n’ont pas démontré leur réelle adaptabilité aux besoins ;
● Négliger l’aspect support qui doit répondre aux contraintes de technicité, de disponibilité et de proximité qui sont des facteurs primordiaux de réussite dans toute la vie du projet.


BIOGRAPHIE
Diplômé de l’École nationale d’ingénieurs de Belfort, Bruno Lefebvre a débuté sa carrière dans le domaine de la métrologie chez Roch/Tesa dans différentes fonctions techniques et commerciales. Après un passage à la direction de la filiale française du fabricant allemand Hommelwerke, il rejoint Mitutoyo France en 1999 en qualité de directeur général.
Il devient en 2010 membre du comité
de direction de Mitutoyo Europe. Par ailleurs, il est membre du comité d’administration du Réseau Mesure.

Entretien réalisé par
ISABELLE VERDIER